Domaine d’intervention GhostOps
Neutralisation des contre-pouvoirs
Dans toute organisation, certains contre-pouvoirs sont nécessaires : ils évitent les dérives, questionnent les décisions, protègent des risques. Mais lorsque ces contre-pouvoirs se transforment en mécanismes d’obstruction systématique, la capacité d’action se grippe, les projets se figent, les dirigeants s’usent à arbitrer en permanence.
L’intervention GhostOps consiste à disséquer ces contre-pouvoirs : comprendre ce qu’ils révèlent, ce qu’ils protègent, ce qu’ils bloquent. Puis à réorganiser les circuits de décision, exposer les coûts de l’obstruction et reconstruire des espaces de débat légitimes, sans basculer dans la brutalité ou le déni des droits fondamentaux.
En 30 secondes
Ce que c’est
Une intervention ciblée pour transformer des contre-pouvoirs bloquants en contre-points utiles, ou pour réduire leur capacité de nuisance en réarchitecturant les décisions, les responsabilités et la transparence.
Pour qui
Directions générales, boards, DRH groupe, directions de BU confrontés à des blocages récurrents (internes ou para-internes) sans opposition frontale, mais avec un effet paralysant.
Résultat attendu
Des décisions qui redeviennent exécutables, des arbitrages assumés, des espaces de contestation clarifiés. Les contre-pouvoirs cessent de faire “tenir” le système en otage.
Quand activer une intervention sur les contre-pouvoirs ?
Situations typiques
- Transformation stratégique systématiquement ralentie par les mêmes acteurs ou instances.
- Comité, filiale ou fonction support assumant de fait un droit de veto non prévu formellement.
- Jeu d’alliances internes où quelques personnes imposent ce qui est “réaliste” ou “acceptable”.
- Blocages récurrents autour de thèmes sensibles (site, rémunération, périmètre, métiers, gouvernance).
Signaux de risque
- Décisions validées qui ne sont jamais pleinement mises en œuvre.
- Projets “gelés” sans propriétaire clair de ce gel.
- Multiplication des compromis flous pour éviter d’affronter un blocage identifié.
- Dirigeants qui finissent par renoncer à certains sujets, faute de bande passante politique.
Quatre configurations de contre-pouvoirs
Cas n°1 – Fonction support devenue “tour de contrôle”
Dans un groupe multi-BU, une fonction support (juridique, finance, IT, conformité…) a progressivement pris l’habitude de valider tout, tout le temps. Officiellement, pour sécuriser. En pratique, les projets se retrouvent bloqués dans des files d’attente, les opérationnels contournent, la direction générale est tenue pour responsable du ralentissement.
Intervention GhostOps : cartographie des décisions réellement filtrées par cette fonction, identification de ce qui relève de la légitime sécurisation et de ce qui procède d’une extension de périmètre implicite. Mise à plat des coûts d’opportunité, redéfinition des niveaux de validation, clarification des responsabilités. Résultat : la fonction support redevient un garde-fou ciblé, pas un goulot de contrôle généralisé.
Cas n°2 – IRP structurées comme contre-pouvoir absolu
Dans une filiale industrielle, les instances représentatives du personnel se sont construites au fil des conflits comme un véritable centre de décision parallèle. Rien ne se fait sans leur accord tacite. Toute initiative de la direction est d’abord perçue comme une tentative de contournement.
Intervention GhostOps : analyse historique des conflits et des accords, entretiens avec les représentants et la direction, clarification de ce qui a été implicitement délégitimé chez la direction. Construction d’un nouveau pacte de fonctionnement, avec des domaines de co-décision, des domaines de consultation renforcée et des domaines d’arbitrage assumé par la direction. Résultat : les IRP conservent un rôle fort, mais dans un cadre explicite qui permet à la direction de reprendre la main sur certains sujets sans être accusée de “trahison”.
Cas n°3 – Coalition informelle de managers bloquant un projet transverse
Un projet transverse (nouvel ERP, convergence d’offres, organisation matricielle) nécessite que plusieurs managers perdent une partie de leur autonomie ou de leur périmètre. Sans jamais s’y opposer frontalement, ils ralentissent, complexifient, renvoient en comité, invoquent les “spécificités locales”.
Intervention GhostOps : cartographie des intérêts réels menacés, identification des leaders d’opinion et de ceux qui suivent pour ne pas perdre la face. Mise en évidence des coûts (business, image, charge de travail pour les équipes) du blocage actuel. Construction d’un scénario où certains abandons de territoires sont compensés par d’autres formes de pouvoir (responsabilité de nouveaux chantiers, rôle dans la gouvernance du projet, visibilité accrue). Résultat : la coalition se reconfigure, le projet avance avec de nouveaux équilibres.
Cas n°4 – Ex-dirigeant toujours présent dans les décisions
Un ancien dirigeant, parti officiellement “en bons termes”, reste très influent : il conseille en off, intervient auprès de certains membres du board ou de managers, commente les décisions sur les réseaux professionnels. Le dirigeant en place se retrouve systématiquement comparé, parfois discrédité à demi-mot.
Intervention GhostOps : analyse des circuits d’influence restants, clarification avec le board du mandat réel de l’ex-dirigeant, scénarisation d’une mise à distance digne (clarification des rôles, limitation explicite de certaines interventions, parfois repositionnement sur un périmètre très défini). Résultat : le contre-pouvoir fantôme perd sa capacité de déstabilisation sans que la personne ne soit publiquement attaquée.
Comment se déroule une intervention GhostOps sur les contre-pouvoirs ?
Étape 1 – Qualification du contre-pouvoir
- Clarification de ce qui est vécu comme un blocage par le sponsor (DG, DRH, board).
- Distinction entre contre-pouvoir légitime (alerte, expertise, modération) et obstruction.
- Analyse des enjeux : pourquoi ce contre-pouvoir s’est-il construit ainsi ? Que protège-t-il ?
- Définition des lignes rouges : ce qui ne doit pas être remis en cause (droit, éthique, dialogue social).
Étape 2 – Cartographie des blocages & circuits réels
- Entretiens ciblés avec les acteurs-clés, sur plusieurs niveaux hiérarchiques.
- Repérage des lieux (comités, process, moments) où le blocage se matérialise concrètement.
- Identification des “briques” qui rendent ce contre-pouvoir possible (règles implicites, zone grise, ambiguïté de rôle).
- Évaluation des coûts du blocage : business, charge mentale, climat, image, vitesse d’exécution.
Étape 3 – Scénarisation des options
- Définition de plusieurs scénarios : maintien encadré, recomposition, déplacement, désactivation partielle.
- Mesure des impacts politiques, sociaux et opérationnels de chaque scénario.
- Choix d’un scénario cible et d’un scénario de repli, avec jalons intermédiaires.
- Alignement avec les contraintes juridiques, RH, compliance, dialogue social.
Étape 4 – Exécution graduée & stabilisation
- Actions concrètes sur les règles, les circuits de décision, les rôles et les personnes.
- Accompagnement des communications associées (interne, partenaires, parfois externe).
- Suivi des réactions, ajustement fin pour éviter les effets de rebond ou la création d’un contre-pouvoir encore plus dur.
- Installation de nouveaux garde-fous : transparence, traçabilité, forums de contestation légitimes.
Livrables concrets
- Cartographie des contre-pouvoirs et de leurs ressorts (historiques, politiques, fonctionnels).
- Analyse des coûts du statu quo, présentée de manière exploitable pour un board.
- Scénarios de recomposition, avec avantages, risques et conditions de réussite.
- Plan d’actions gradué sur les règles, les processus, les rôles et les personnes.
- Kits de message pour dirigeants, managers et fonctions sensibles (RH, juridique, communication).
- Recommandations de gouvernance pour éviter la reconstitution de contre-pouvoirs toxiques.
Ce que la neutralisation des contre-pouvoirs GhostOps n’est pas
- Une stratégie de répression des lanceurs d’alerte ou de mise au silence de signaux légitimes.
- Un contournement des obligations légales, sociales ou réglementaires.
- Une logique de “nettoyage” de toute opposition ou contradiction interne.
- Une manipulation opaque destinée à concentrer le pouvoir sans contrepoids responsable.
Exposer une situation de contre-pouvoir interne
Décrivez en quelques lignes le périmètre, les fonctions impliquées et la nature du blocage (veto informel, fonction support devenue “goulot”, tension avec la gouvernance, etc.). Nous revenons vers vous sous 24 h ouvrées avec une première lecture et, si pertinent, un dispositif GhostOps possible.
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