Crises & commandement
Commandement perdu : quand la ligne hiérarchique se désagrège
Ce qui se passe lorsque les lignes officielles cessent d’être suivies et que les décisions se prennent ailleurs que dans la chaîne hiérarchique.
Lire la chroniqueChronique GhostOps – Alliances invisibles & pouvoirs
Une crise ne se déclenche jamais uniquement sur un organigramme. Elle suit des lignes de force bien plus discrètes : loyautés personnelles, dettes anciennes, solidarités de métier, affinités informelles, inimitiés non dites. Pour un PDG, un board ou une direction RH, ne pas voir ces lignes revient à piloter une zone de turbulence avec une carte volontairement incomplète.
Cette chronique propose une lecture opérationnelle des loyautés invisibles : comment elles se construisent, comment elles réorientent les décisions en période de tension, et comment les cartographier suffisamment tôt pour éviter de subir la crise au lieu de la piloter.
L’organigramme décrit des lignes de responsabilité formelles. Il ne dit rien des allégeances réelles. Dans un environnement calme, cette différence reste gérable : le système fonctionne par inertie, les écarts sont absorbés. En zone de turbulence, elle devient déterminante.
Lorsqu’une décision sensible tombe – fermeture de site, éviction d’un dirigeant, plan social, fusion délicate –, les acteurs ne réagissent pas en fonction de l’organigramme, mais en fonction de :
Une décision théoriquement rationnelle peut ainsi déclencher une contre-réaction violente non parce qu’elle est juridiquement fragile, mais parce qu’elle viole des équilibres de loyauté patiemment construits au fil des années.
Derrière les titres et les fiches de poste, on retrouve généralement trois grandes familles de loyautés invisibles qui façonnent le réel bien plus sûrement que les procédures.
Ce sont les loyautés liées à l’histoire des personnes : qui a recruté qui, qui a sauvé un poste, débloqué une situation personnelle, donné une chance lors d’une période difficile. Ces dettes biographiques sont rarement mentionnées, mais elles pèsent lourd au moment de choisir un camp dans un conflit ou de décider jusqu’où on est prêt à suivre une décision contestée.
Elles traversent les silos formels. Les ingénieurs se reconnaissent entre eux, les commerciaux parlent le même langage, les opérationnels ont une expérience commune du terrain. En situation de crise, ces loyautés de métier peuvent l’emporter sur la loyauté hiérarchique : on soutient “ceux qui comprennent le métier”, même s’ils ne sont pas dans la bonne case sur le slide de gouvernance.
Enfin, il existe des loyautés nées de la peur et de la nécessité : se rapprocher de la fonction perçue comme la plus capable de “protéger” en cas de restructuration, se taire pour ne pas compromettre une mobilité, rallier un leader charismatique qui semble en position de force dans la prochaine configuration. Ces loyautés ne sont pas idéologiques : elles sont opportunistes, mais tout aussi structurantes.
Lorsqu’une organisation entre en zone de crise, les loyautés invisibles ne sont plus en arrière-plan : elles déterminent très concrètement la manière dont la crise se déroule.
La crise devient alors moins une question de texte (contrats, procédures, communications) qu’une question de topologie de loyautés. Ceux qui maîtrisent cette carte disposent d’un avantage décisif sur la manière dont la séquence va s’écrire.
Cartographier les loyautés invisibles ne signifie pas traquer les individus ou bâtir un système de surveillance généralisée. Il s’agit de construire une lecture fine des dynamiques d’alliances qui permette à un PDG, un board ou une DRH de prendre des décisions informées.
Concrètement, cette cartographie peut s’appuyer sur plusieurs briques :
L’enjeu n’est pas de “tout savoir sur tout le monde”, mais de disposer, au bon niveau de zoom, d’une vision opposable des lignes de loyauté qui vont compter lorsque la situation va se tendre.
Un conseil d’administration ou un comité exécutif n’a pas vocation à entrer dans le détail de toutes les loyautés internes. Il peut en revanche exiger que certaines questions aient été traitées sérieusement avant de valider une décision à fort impact.
Le simple fait de poser ces questions modifie la manière dont une décision est préparée. Il devient beaucoup plus difficile de s’abriter derrière un organigramme en faisant semblant de ne pas voir les lignes de loyauté réelles.
GhostOps intervient en amont ou en cours de crise, lorsque les organes de décision sentent que “quelque chose ne tient plus” dans l’organisation, sans parvenir à nommer précisément d’où vient la résistance. Notre rôle est de rendre visible ce qui est structurant mais non dit.
Concrètement, nous opérons :
Là où beaucoup de dispositifs se limitent aux organigrammes et aux processus, GhostOps travaille sur la dynamique réelle des loyautés et des pouvoirs. Pour une vue d’ensemble de nos domaines d’intervention, vous pouvez consulter la page Expertise GhostOps.
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