Scénario n°1 – La DRH “bouclier réflexe” de la direction
Dans ce schéma, la direction RH se conçoit d’abord comme un bouclier
de la direction générale. Toute alerte est filtrée, toute contestation est immédiatement relue en termes
de loyauté ou de mise en cause de la hiérarchie.
Les conséquences sont rapides : les managers terrain cessent de remonter les difficultés,
les représentants du personnel se structurent en dehors des canaux formels, les talents intermédiaires
commencent à envisager un départ discret.
À ce stade, le PDG ou le board reçoivent encore des rapports rassurants. Mais la fonction RH a déjà changé
de nature : de capteur de signaux faibles, elle est devenue
filtre et parfois verrou.
Le risque se déplace : il ne porte plus seulement sur une situation locale, mais sur
la qualité de l’information qui parvient à la gouvernance.
Scénario n°2 – La fonction RH en “mode juridique permanent”
Ici, la fonction RH, fragilisée ou contestée, se réfugie derrière le juridique. Chaque échange devient
un dossier en puissance, chaque e-mail une pièce potentielle de contentieux. Les réunions se vident
de leur contenu opérationnel pour devenir des séances de traçabilité défensive.
À court terme, cette posture peut donner l’illusion d’une maîtrise du risque. À moyen terme,
elle produit l’inverse :
- les conflits se durcissent, faute d’espace réel de régulation ;
- les décideurs se crispent, sachant que tout pourra être “ressorti” plus tard ;
- les instances représentatives se radicalisent, ne trouvant plus de canal de négociation crédible.
Pour un board, le signal est trompeur : la présence du juridique en apparence rassure,
alors même que la capacité à traiter les causes est en train
de disparaître.
Scénario n°3 – Dissonance entre valeurs affichées et pratiques réelles
C’est le scénario le plus corrosif pour la crédibilité de la gouvernance. La fonction RH porte
un discours très affirmé sur la transparence, le dialogue social, l’éthique, la protection
des personnes. Dans le même temps, les décisions concrètes prises dans les dossiers sensibles
contredisent frontalement ces principes.
Les collaborateurs ne lisent pas des chartes : ils observent des comportements. Lorsque
la dissonance devient trop visible, le message implicite est clair : “les valeurs ne valent
que tant qu’elles ne coûtent rien”.
À ce stade, la fonction RH ne se contente plus de gérer un risque social : elle
dégrade directement le capital réputationnel de l’entreprise,
en interne comme en externe. Pour un investisseur ou un conseil d’administration, c’est un signal
fort que les mécanismes internes de régulation ne jouent plus leur rôle.